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Pro Lecture : 3 min 12/11/2019

Camions au gaz : pourquoi leur nombre va être multiplié par 40 en 10 ans

2 camions au gaz roulant sur une 4 voies au soleil couchant

De plus en plus délaissé par les utilisateurs soucieux de réduire leur empreinte carbone, le Diesel n’a plus le monopole du marché des poids-lourds. Le gaz fait figure d’alternative crédible.

De plus en plus délaissé par les utilisateurs soucieux de réduire leur empreinte carbone, le Diesel n’a plus le monopole du marché des poids-lourds. Des alternatives – viables d’un point de vue économique et logistique – arrivent à maturité, en s’appuyant notamment sur la propulsion au gaz. A la clef : des émissions de CO2 réduites pour une efficacité opérationnelle intacte.

Et si les poids lourds étaient sur le point de résoudre leur insoluble équation ? Tiraillé entre une chaîne de valeur qui reposait quasi-exclusivement sur le diesel et une opinion publique très critique envers ce carburant polluant, le monde du camion entrevoit enfin une porte de sortie.

Pendant des décennies, le taux de pénétration du gasoil sur le marché poids lourds a frôlé les 100%. Presque uniquement des camions diesel sortaient des usines pour répondre aux exigences des exploitants : la nécessité de parcourir de longues distances en réduisant ses frais de carburant.

« Mais une première inflexion s’est opérée quand l’Union Européenne a initié la démarche de réduction de CO2 et quand le grand public a exigé une amélioration de la qualité de l’air -en particulier en ville-. Plusieurs communes ont interdit les centres-villes aux véhicules les plus polluants, explique François Brunero, Directeur Business Développement de Primagaz. Par rapport à ces deux priorités, le gaz s’est présenté comme étant la meilleure solutionPour ravitailler les commerces, il fallait imaginer d’autres méthodes. L’électrique, qui reste une solution privilégiée pour les véhicules légers, s’est rapidement heurté à deux problématiques : l’impossibilité de transporter de lourdes charges sur de longues distances, qui plus est ,la pollution générée par les batteries sur l’ensemble de leur cycle de vie posait également problème». Les opérateurs se sont alors tournés logiquement vers les camions GNV.

Le moteur de l’Union européenne

Depuis 30 ans, des réseaux de distributions commercialisent déjà du GNC (Gaz Naturel Comprimé). Seule contrainte : une autonomie limitée à environ 300 km. La recherche s’est alors portée sur le GNL (Gaz Naturel Liquéfié) avec des résultats qui sont aujourd’hui confirmés :

- un carburant moins cher qui amortit le surcoût à l’achat ;

- 1 500 km d’autonomie avec un plein ;

- 20% d’émissions de C02 en moins que le diesel ;

- quasi absence de rejet de particules.

De quoi structurer une filière, autour de deux dimensions intimement liées : d’un côté des constructeurs, de l’autre un réseau de distribution. Et l’Europe fixe le cap. Fin 2017, la Commission a présenté un paquet de mesures destinées à encourager la mobilité propre en général, et le gaz en particulier. Parmi elles, le déploiement d'infrastructures pour les carburants alternatifs.

D’ici 2025, l’objectif de Bruxelles est de parvenir à une station GNL tous les 400 kilomètres sur le réseau transeuropéen. Les constructeurs ont déjà pris le virage. 3 des 7 fabricants européens proposent déjà des modèles de camions GNV. L’association des industriels européens du secteur (NGVA) estime à 11.500 le nombre de camions de ce type en circulation aujourd’hui. Selon ses projections, ils seront 470.000 en 2030 !

Un réseau de station de distribution de GNV en construction

Mais pour éviter la panne sèche, ces véhicules au gaz auront besoin de Stations GNL pour se ravitailler en carburant, sans faire de détours de plusieurs kilomètres. « Seul un maillage pertinent et rationnel de stations permettra un développement pérenne du GNL, explique François Brunero. En partenariat avec Avia, Primagaz installe quinze points de distribution sur les principales zones de flux routiers d’ici fin 2020. Un maillage d’une soixantaine de points de distribution sera alors disponible en France. » Les deux partenaires tiendront un stand commun au salon professionnel Solutrans, du 19 au 23 novembre à Lyon, pour mettre en avant la densification du réseau.

Prochaine étape : réduire encore l’empreinte carbone. Primagaz développe ainsi un GNL issu de la biomasse, totalement compatible avec les véhicules GNL existants obtenu par méthanisation de déchets organiques« En se décomposant dans un environnement privé d’oxygène, ces déchets produisent du méthane qu’il suffit de capter, de conditionner, et de réfrigérer  détaille François Brunero. » Différence de taille : un véhicule alimenté en bioGNL réduit son impact CO2 de 80% !