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Pro Lecture : 4 min 10/07/2019

Agriculteurs et maraîchers : leurs astuces d’entrepreneurs verts

Culture maraîchère de fraises

Avec l’agro-écologie, le chauffage des serres au biogaz ou le développement de circuits courts, les producteurs ou les éleveurs ne manquent pas d’idées et de solutions éco-responsables.

Être rentable et respectueux de l’environnement, ces professionnels prouvent que c’est possible. Avec l’agro-écologie, le chauffage des serres au biogaz ou le développement de circuits courts, les producteurs et les éleveurs ne manquent pas d’idées et de solutions pour améliorer leurs produits, leurs méthodes de travail et leur image.

Les métiers de l’agriculture ne se résument pas uniquement à cultiver des fruits, des légumes, ou à gérer des élevages. Ils offrent de multiples facettes, et s’attachent de plus en plus à concilier des impératifs liés à l’environnement et à l’économie. L’objectif est de répondre aux évolutions techniques, et aux nouvelles demandes des consommateurs. Dans le secteur du maraîchage, la technologie a permis des avancées, notamment dans la gestion des serres, généralement gourmandes en énergie. « Dans les serres, beaucoup de paramètres peuvent aujourd’hui être contrôlés par des ordinateurs climatiques, qui vont mesurer l’ouverture des trappes, gérer l’apport d’eau, les intrants, la température, pour obtenir des conditions optimales » explique Benjamin Edot. En tant que responsable régional des ventes Sud Ouest de Primagaz, il détaille les évolutions dont bénéficient les maraîchers en terme de chauffage, avec par exemple le système  « Open Buffer » : « plutôt que de chauffer l’air de l’ensemble d’une serre, des canalisations situées au plus près des plants font circuler une eau chauffée qui remplit le même rôle, tout en limitant énormément la consommation d’énergie ». Le fonctionnement à régime constant du brûleur à gaz qui élève la température de l’eau réduit les pics de consommation de combustible, notamment au petit matin, lorsque le thermomètre est bas.

De meilleures pratiques de culture valorisées par un logo

Dans le maraîchage horticole, on voit aussi poindre des projets de serres bio multiculturales où, au fil de l’année, des plants de saisonnalités différentes se succèdent pour que les espaces ne soient pas inutilisés. Une idée simple à mettre en œuvre, tout comme les mesures d’agro-écologie, qui visent à repenser les systèmes de production en s’appuyant sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Pour Guillaume Geneste, maraîcher et gérant de l’EARL des Sables dans le Lot-et-Garonne, les progrès ne datent pas d’hier et les pratiques sont en pleine mutation.

Ainsi, l’exploitation, où sont cultivées fraises, aubergines, poivrons et céréales, a de plus en plus recours à des insectes auxiliaires pour se débarrasser de certains insectes ravageurs. Ces solutions de bio-contrôle comptent ainsi sur les coccinelles pour neutraliser les pucerons ou sur les scarabées pour neutraliser les limaces. Et prochainement, « l’exploitation va passer HVE, c’est à dire qu’elle sera certifiée Haute valeur environnementale. Cela implique une diminution des traitements, et une baisse des intrants » explique Guillaume Geneste. Selon la définition donnée par le ministère de l’agriculture, cette certification « s’appuie sur des indicateurs de performance environnementale qui portent sur l'intégralité de l'exploitation » et permet d'attester que les éléments de biodiversité (haies, bandes enherbées, arbres, fleurs, insectes…) sont très largement présents sur l'exploitation et que la pression des pratiques agricoles sur l'environnement (air, climat, eau, sol, biodiversité, paysages) est réduite au minimum. Et pour valoriser la démarche, et se distinguer des productions plus classiques, un logo HVE accompagné d'une mention valorisante peut être apposé sur les produits. Dans un tout autre domaine, celui de l’alimentation énergétique, de nouvelles possibilités apparaissent. Ainsi les exploitations, notamment dans le domaine de l’élevage, peuvent récupérer les déjections et déchets végétaux pour produire du biogaz. Ces éléments recueillis dans un méthaniseur vont fermenter, et permettre de produire un biogaz qui peut être utilisé en direct, ou donner de l’électricité qui sera rachetée par les opérateurs. Ce système limite l’émission de déchets, tout en leur donnant une valeur économique. Et il pourrait pourquoi pas se combiner avec les expérimentations de tracteurs au gaz et biogaz qui ont lieu en Europe, pour permettre de développer une relative autonomie des exploitations en carburant.

Plus de proximité pour moins d’impact environnemental

S’il est un domaine ou des efforts sont encore à faire, c’est sur celui du transport. De nature fragiles, les productions agricoles ne peuvent parfois pas attendre que le camion soit rempli pour être expédiées. Mais des solutions existent, avec le développement des circuits courts, autrement dit de la vente à l’échelon local, qui limite l’impact des déplacements. A Grande-Synthe, dans le nord de la France, la ville a racheté neuf hectares de terre suite au départ à la retraite d’un agriculteur pour y installer trois jeunes maraîchers bio. Ces derniers seront en charge d’alimenter les cantines des écoles de la ville en légumes et fruits. Et à terme, la municipalité prévoit même de fournir l’ensemble de ses institutions via ce réseau de proximité !