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À l'Usine L’Oréal de La Roche-Posay, le biopropane, un an après

Bioproane: un an après son adoption à l'Usine L’Oréal de La Roche-Posay
© L'Oreal
En mai 2018, ce site de fabrication de cosmétiques devenait le premier acteur industriel en France à adopter le biopropane. Un an plus tard, quel est le bilan ?

L’Oréal : La première usine de France au biogaz vise le « zéro émission »

Depuis l’année dernière, c’est du propane 100% d’origine renouvelable, produit par l’usine Neste à Rotterdam à partir de déchets industriels recyclées et d’huiles végétales, que Primagaz livre à l’usine de La Roche-Posay.

Dans le cadre de son programme développement durable, le groupe L’Oréal s’est en effet engagé à réduire de 60% son empreinte carbone à horizon 2020. Tous ses sites sont mis à contribution et ils sont déjà 13 dans le monde, sur la quarantaine que compte le groupe, à avoir atteint cet objectif.

À La Roche-Posay, on aurait aussi pu recourir à l’électricité verte, mais la solution proposée par Primagaz était la plus innovante et la moins invasive, ne nécessitant pas de modifications de la chaudière gaz. « Nous leur avons présenté cette solution, que nous étions encore en train de finaliser, et ils ont été tout de suite partants », se souvient Antoine Bordet, directeur grands comptes chez Primagaz.

Jean-Yves Larraufie, président de la filiale Cosmétique Active Production qui gère l’usine de La Roche-Posay, ainsi qu’une autre à Vichy, confirme que ce projet a résonné d’emblée, dans un groupe qui se veut toujours à l’avant-garde.

Traçabilité garantie

Il reconnaît néanmoins avoir fortement « challengé » son prestataire, à l’époque : « Nous avons exigé une parfaite traçabilité de ce biopropane, une sécurisation de ce qui était réellement accompli et que nous pouvions revendiquer : le mode de fabrication, l’origine des huiles... » Cette pédagogie a été indispensable pour valoriser à son tour la démarche au sein du groupe.

En 2005, le site de La Roche-Posay produisait encore 192 tonnes de CO2 par an. « En 2019, ce sera zéro ! », se félicite Jean-Yves Larraufie. Le biogaz permet de réduire à hauteur de 78% les émissions de l’usine par rapport au propane traditionnel, le reste étant effacé notamment à travers l’installation de panneaux photovoltaïques.

Pour ce dirigeant, le but de ce travail réside aussi dans « la fierté des collègues ». Parce que les quelques 100 personnes qui fabriquent des soins cosmétiques à partir de l’eau de la source attenante (plus de 30% du produit fini) sont naturellement très attachées à leur outil de travail, mais également parce qu’en prenant ses responsabilités, l’usine encourage et donne du sens à leurs propres initiatives.

En effet, le passage au biogaz, l’investissement en cours de 3 millions d’euros pour une station d’épuration (à Vichy) ou l’installation de panneaux solaires sont des projets d’envergure qui cohabitent avec d’autres, plus simples – installation de ruches, éco-pâturages, tri minutieux des déchets des lignes de production jusqu’à la salle de pause, mise à disposition de vélos électriques, etc. « L’impact réel naît de la rencontre de ces deux échelles, de la cohérence entre le global et le local », ajoute-t-il.

Aucun investissement lourd en matériel

Concrètement, le biogaz est acheminé par bateau au port de Brest, mais il est distribué, mélangé dans le même réseau que le propane traditionnel. Et pour cause : la molécule est rigoureusement la même. Concevoir un réseau alternatif de distribution spécialement pour biopropane serait non seulement coûteux, mais aussi polluant.

En clair, L’Oréal achète 130 tonnes de biogaz à Primagaz, qui lui délivrera un certificat (norme ISCC et ISCC EU) prouvant qu’ils correspondent bien à 130 tonnes de biogaz injectés dans le réseau. 

L’Oréal fait déjà figure de pionnier. Primagaz fournit en effet un deuxième client industriel en biogaz, qu’il garde pour l’instant secret. De nombreux acteurs sont intéressés par cette nouvelle énergie. Son surcoût actuel de 10 à 15% par rapport au gaz propane est compensé par le fait qu’il n’exige aucun investissement matériel, tout en apportant un réel bénéfice pour l’environnement. Et son prix devrait baisser à l’avenir, en même temps que le développement des capacités industrielles de production.

Du côté de Primagaz, l’objectif est clair : distribuer 100% de gaz renouvelable d’ici 2040, y compris à travers le marché de l’énergie domestique.