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Conso Lecture : 2 min 04/04/2019

Pourquoi les prix de l’énergie sont en hausse depuis 15 ans

Pourquoi les prix de l’énergie sont en hausse depuis 15 ans
Le prix de l’énergie connaît de fortes variations depuis le début des années 2000, avec des conséquences sur le pouvoir d’achat. Explications.
Les tarifs de l’énergie repartent-ils à la hausse ? Après une fin d’année marquée par les débats sur le prix de l’énergie, le prix du baril de pétrole semble à nouveau jouer la surenchère, après un répit de quelques mois. La période n’a pourtant rien d’exceptionnel. Loin d’un accident de parcours, cette évolution s’inscrit au contraire dans une tendance de long terme d’augmentation du prix de l’énergie.

D’après les données de l’Asder sur l’évolution du prix des énergies (base Pégase), la tendance est à la hausse pour toutes les énergies depuis les 15 dernières années. Pour exemple, l’électricité est ainsi passée de moins de 12 euros pour 100 kWh en 2003 à presque 17 euros en 2019, soit une hausse supérieure à 30% malgré des tarifs réglementés.
Graphique illustrant l'évolution du prix des énergies de 2003 à 2018
Source : base Pégase (prix PCI avec abonnement inclus)

Le gaz propane et le fioul, dont les prix sont sensibles au marché international de l’énergie, ont connu des fluctuations plus marquées.

Le prix des énergies dites fossiles (pétrole, gaz) dépend étroitement de la conjoncture de l’économie mondiale. Pour illustration : fin 2017, le propane cotait autour de 11 euros les 100 kWh, après un pic proche de 13 euros en 2013 (-15%) pour finalement repartir à la hausse dès 2017. Après l’éclatement de la crise de 2008, la chute avait été de plus de 50% pour le fioul. Une chute beaucoup moins importante pour le gaz propane.

En revanche, cette dynamique est peu probable pour l’électricité. En effet, suite à l’ouverture à la concurrence du marché, les concurrents d’EDF représentent désormais  22% du marché, selon BFMTV, et l’opérateur historique ne produit plus assez d’électricité nucléaire à prix préférentiel pour satisfaire tout le monde. D’où leur nécessité de s’approvisionner sur les marchés libres, plus chers.

Cette hausse des prix impacte directement un poste qui pèse lourd dans les dépenses des Français et explique les tensions récentes autour du pouvoir d’achat. Le chauffage représente à lui seul en moyenne 5% du budget des ménages et la facture grimpe vite pour les logements qui n’ont pas encore bénéficié d’une rénovation pour améliorer leur diagnostic énergétique. « En effet, si une maison de 110 mètres carrés en catégorie A coûte en moyenne 630 euros par an à chauffer, une habitation de même surface ancienne et mal isolée peut représenter près de 4000 euros en dépenses  énergétiques par an », d’après les calculs de quelleenergie.fr.

Sans oublier l’impact sur le coût des transports. Alors que les habitations représentent 29% de la consommation d’énergie en France, les transports, privés comme professionnels, arrivent en première place avec 32% de la consommation nationale. Et c’est un cercle vicieux : cette hausse du prix des transports se répercute elle-même sur le prix de l’énergie facturé aux ménages car les fournisseurs d’énergie voient leurs coûts de transports s’envoler ces dernières années.

Et les fournisseurs de gaz propane, qui livrent uniquement par camions-citerne dans les communes non raccordées au « gaz de ville », sont les plus impactés. « Nous subissons depuis plusieurs années une augmentation de nos coûts de transports, expliquée notamment par la répercussion de la Taxe carbone mise en place depuis 2014. Primagaz n’a parfois pas d’autre choix à court terme que de répercuter une partie de ces hausses sur la facture de ses clients. Néanmoins, nous agissons en parallèle avec nos partenaires transporteurs pour diminuer ces coûts et leur impact sur l’environnement, avec le développement du GNV », explique Matthieu Lassalle, Directeur Commercial de Primagaz France.


Consommation finale d'énergie
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