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Conso Lecture : 3mn

Idées reçues sur le gaz. D'où vient cette fameuse odeur ?

L'odeur de gaz quand on branche une bouteille
« Ça sent le gaz ? » Cette phrase bien connue de tous est en réalité fausse, le gaz à l’état naturel est inodore. Mais alors d’où vient cette odeur ?

D'où vient l'odeur du gaz, alors qu'il ne sent rien à l'état naturel ?

Petit rappel scientifique : « qu’il s’agisse du butane, du propane, ou de ce que l’on a appelé jadis le gaz de ville et aujourd’hui le gaz naturel, les molécules de gaz n’ont aucune odeur », certifie François Brunero, directeur du business développement chez Primagaz. Alors, dès le début du XXème siècle, lorsque le gaz est arrivé dans les logements, les pouvoirs publics et les distributeurs se sont préoccupés des risques de fuite et ont décidé d’y injecter des traceurs odorisants.

La légende dit que pendant un temps, le gaz de ville sentait ainsi la rose – une odeur agréable qui, malheureusement, n’est pas associée au danger et s’est révélée par conséquent peu efficace… On a donc opté pour une odeur plutôt soufrée, qui a l’avantage de donner l’alerte et est devenue « l’odeur du gaz ».

Mercaptan et THT : des traceurs odorisants

« Il existe différents produits, des dérivés soufrés, provenant tous plus ou moins la même molécule. Les termes évoluent aussi mais, globalement on utilise du mercaptan ou du THT », explique François Brunero. Le mercaptan sert également à la fabrication de carburants pour l’industrie de l’aviation, tandis que le THT est fabriqué spécialement pour servir de traceur odorisant.

Le gaz est odorisé avant d’arriver chez le consommateur partout dans le monde, mais l’injection de la molécule n’intervient pas forcément au même moment dans tous les pays. En France, pour ce qui est du butane et du propane, le procédé se fait dès l’entrée sur le territoire.

Quant au gaz naturel, il a été liquéfié en le refroidissant à -160°, afin de l’acheminer plus facilement par bateau. Par conséquent, lorsqu’il est stocké dans de grandes cuves à proximité des ports français, on ne peut pas encore appliquer l’odorisant, car ce dernier gèlerait instantanément. Il est donc injecté au moment de l’acheminement et de la distribution du gaz.

Quelle est la dose de traceur injectée ?

Le traceur est appliqué à des doses infinitésimales (15 à 20mg/m³ pour le mercaptan, 40 mg/m³ pour le THT), extraordinairement concentrées – « il s’agit de quelques gouttes dans plusieurs mètres cubes de gaz ». Par ailleurs, cette dose est mesurée et contrôlée au moins une fois par an à différents points des chaînes logistiques, afin de vérifier que la concentration ne faiblit pas le long des réseaux.

Le contrôle s’effectue en laboratoire avec des échantillons, sur base olfactive, en recourant à des « nez » qui doivent confirmer la présence de l’odeur caractéristique. Cette dernière doit en effet être perçue par notre odorat même lorsque la présence de gaz dans l’air ne représente que 20% de la limite inférieure d’explosivité.

Existe-t-il d’autres méthodes pour identifier une fuite de gaz ?

Les professionnels du gaz disposent d’outils tels que des vérificateurs d’écart de pression entre les entrées et sorties du réseau. GrDF utilise régulièrement des voitures renifleuses, équipées de sondes sous le pare-chocs et qui aspirent et analysent l’air. Par ailleurs, des détecteurs sont positionnés de manière permanente à certains endroits stratégiques de gros sites industriels, où il pourrait y avoir une accumulation de gaz. « Mais pour le grand public, il n’y a que l’odeur. » Vous n’avez donc pas fini de traquer cette odeur si particulière...