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Conso Lecture : 5 mn 29/04/2019

GPL, GPLc, GNV... Quel gaz choisir en fonction de ses besoins ?

Choisir le bon type de gaz
Chauffage, barbecue, carburation… À chaque type de gaz ses utilisations, son mode de fonctionnement de stockage et de distribution. Tour d’horizon des gaz à connaître et de leurs usages.
Cette passion française pour les acronymes… Comme de nombreux marchés, celui du gaz les multiplie pour désigner son offre. Vous êtes perdus ? Pas de panique, on vous explique toutes ces appellations, pas toujours intuitives.

Un même nom pour deux gaz

Ainsi, le GPL, le « gaz de pétrole liquéfié », ne comporte pourtant pas la moindre trace de pétrole. Il doit son nom à des circonstances historiques : à l’origine, c’était un produit résiduel issu des raffineries et donc, de la production de pétrole. Sous cette appellation, peuvent aujourd’hui être désignés plusieurs gaz. Le butane et le propane sont les plus connus du grand public. 

Dès la seconde moitié du XXe siècle, le butane sert à alimenter les lampes et réchauds en intérieur. Il est employé aujourd’hui pour la cuisson, le chauffage d’appoint ou pour obtenir de l’eau chaude. Ce gaz est également apprécié pour son absence d'odeur par certains industriels, tels que les fabricants de briquets, de barquettes alimentaires ou encore de gaz réfrigérants (réfrigérateurs, congélateurs…).

Le propane, lui, se prête à la cuisine au grand air. Il est utilisé pour les barbecues et planchas, mais aussi pour alimenter le chauffage d’extérieur (dit « parasol chauffant ») ou des désherbeurs thermiques, qui utilisent du gaz pour souffler de l’air brûlant sur les mauvaises herbes. Comme le butane, il est aussi très prisé pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisson. 

Depuis peu, la famille du gaz s’est agrandit avec l’arrivée du biopropane, un nouveau biogaz. Cette appellation implique qu’il est produit 100 % à partir d’ingrédients renouvelables. Ce sont avant tout des déchets d’huiles (industrielles, cuissons) et des huiles végétales en moindre proportion (colza, palme…).

Cette production “eco friendly” produit un propane rigoureusement identique, garantissant les mêmes usages, sans changement d’équipement nécessaire (chauffage, eau chaude, cuisine…). Depuis 2018, Primagaz le commercialise en France.

Stock de butane à l’intérieur, propane à l’extérieur

Le butane se prête à un usage domestique et ne peut pas être conservé en extérieur tant il supporte mal le froid. Au contraire, interdiction stricte pour le propane d’être stocké à l’intérieur de votre maison (ou de votre appartement).

« Le butane a une température d’ébullition autour de zéro degré. En cas de froid à l’extérieur, il risque de ne plus émettre de gaz, explique Thierry Guillien, Directeur des Opérations chez Primagaz. La température d’ébullition du propane avoisine, elle, les –40°C. Il n’y a donc aucun problème à stocker ce gaz très résistant au froid en extérieur. »

Si le butane s’utilise essentiellement en bouteille, le propane peut aussi être proposé « en vrac », c’est-à-dire en citerne. Il répond alors à des besoins énergétiques plus importants, comme ceux des maisons individuelles (chauffage, eau chaude, cuisson) ou des usines.

« Le propane en citerne trouve notamment son utilité dans les industries de transformation de matière, dont les verreries ou fonderies », souligne Thierry Guillien. Le propane est aussi une énergie très appréciée par le secteur agro-alimentaire, qui le met à profit pour chauffer les serres maraîchères ou les élevages de volailles.

Les gaz s’emparent du marché du transport 

Aux côtés des butane et propane, vient s’ajouter un autre gaz à ranger sous l’appellation GPL : le GPLc, pour Gaz de Pétrole Liquéfié pour la carburation. « On parle désormais d’un marché spécifique, qui est celui de l’automobile. Il s’agit de propane à verser dans les réservoirs de véhicules en tant que carburant », indique Thierry Guillien. Ce gaz est distribué dans un réseau de stations-service réparties sur l’ensemble de la France.

Autre incontournable, le GNV (Gaz Naturel pour Véhicules) est aussi utilisé comme carburant. Essentiellement constitué de méthane, il existe sous deux formes : comprimé (GNC) ou liquide (GNL). Il offre une grande autonomie : un plein de GNV permet de parcourir 500 km. Dans la Sarthe, des bus roulent d’ores et déjà au gaz naturel. 

« À l’image du GPLc, pour les véhicules particuliers, le GNV a vocation à être utilisé par les camions », indique Thierry Guillien. Une vingtaine de stations autoroutières sont ainsi en cours de construction par Primagaz pour mieux le distribuer.

Où se procurer ces gaz ?

Tout dépend du mode de stockage. Les bouteilles sont distribuées dans des points de vente répartis dans toute la France : soit via la grande distribution, soit chez des revendeurs locaux, pour les villages les plus éloignés des grandes surfaces. L’alimentation d’une citerne se fait, elle, par le biais d’un contrat d’approvisionnement. Pour les gaz carburants, un passage en station-service est de rigueur.

Ces acronymes vous semblent nébuleux ? Rassurez-vous, la confusion est impossible lors de l’achat. « C’est aux fournisseurs de gaz de remplir les citernes, il n’y a pas d’erreur possible », assure Thierry Guillien. « Quant aux bouteilles, elles ont chacune une couleur différente en fonction du gaz contenu », rappelle-t-il.