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Conso Lecture : 3 min 10/07/2019

Que valent vraiment les climatisations "écolo" ?

Que valent vraiment les climatisations "écolo" ?

Alors que la climatisation électrique est critiquée pour sa consommation et ses émissions de gaz à effet de serre, c’est l’occasion de s’interroger sur les alternatives en période de canicule…

Les périodes de canicule se multiplient ces dernières années et nous n’avons pas fini d’avoir très chaud l’été ! Alors que la climatisation électrique est de plus en plus critiquée pour sa consommation énergétique et ses émissions de gaz à effet de serre, c’est l’occasion de s’interroger sur les alternatives…

Le postulat de départ est simple: d’une part, les logements mal isolés se révèlent être de véritables fours lorsque l’été arrive. D’autre part, des logements neufs sont de plus en plus performants en terme de chauffage, notamment grâce à la Réglementation thermique 2012 qui vise à réduire significativement les consommations d’énergie dans les bâtiments. « Les habitations se trouvent parfois si bien isolées qu’en période de forte chaleur, il devient très difficile de faire baisser les températures intérieures de manière naturelle », explique Jacques Laîné, Responsable des ventes pour le marché Habitat individuel chez Primagaz. In fine, dans bien des habitations, il faut faire face à des températures de plus en plus élevées l’été venu. Pour y parvenir sans avoir recours à la climatisation électrique, dont le bilan carbone est fortement décrié en plus du coût et du bruit, plusieurs alternatives « écolo » ont émergé ou ont été remises au goût du jour ces dernières années. Tour d’horizon de pratiques qui ont le vent en poupe !

Des solutions de climatisation réellement vertes ?

De nouvelles techniques présentent l’avantage d’être intégrées au bâti, et donc ne pas nécessiter d’équipement spécifique énergivore. « La climatisation présente l’immense avantage de fournir de manière exacte la température requise, quel que soit le degré de chaleur à l’extérieur », rappelle Jacques Laîné. Dans ce domaine, deux solutions apparaissent plus respectueuses de l’environnement :

  • La climatisation au gaz, ou pompes à chaleur à absorption : cette solution est d’une grande efficacité, mais son coût encore élevé. On la retrouve essentiellement sur le toit de bâtiments tertiaires ou collectifs. Le fonctionnement est proche de celui d’un réfrigérateur : le système récupère les calories de l’air et les fait passer par un fluide spécifique qui régénère de l’air froid. Elle peut par ailleurs être utilisée inversement pour produire du chauffage.

  • La climatisation solaire : une bonne alternative, qui nécessite cependant un certain quota d’ensoleillement et ne s’applique donc pas à toutes les régions. Il s’agit d’installer sur le toit des panneaux photovoltaïques, dont l’énergie va alimenter le climatiseur.

Le bilan carbone de ces deux solutions est bien plus satisfaisant que celui d’une climatisation traditionnelle (encore plus si on utilise du biogaz pour la climatisation au gaz), pour une efficacité comparable.

Climatisation ou rafraîchissement ?

Certaines solutions visent, non pas à modifier tout l’environnement de la pièce (température, humidité, qualité de l’air) comme c’est le cas pour la climatisation, mais à simplement abaisser la température ambiante. Ces techniques sont dites de rafraîchissement. On y trouve notamment :

  • Le puit canadien : il s’agit de faire entrer l’air extérieur par une canalisation, enterrée à une profondeur où la température est plus fraîche, de manière à ce qu’il arrive dans la maison refroidie de quelques degrés. « Cette solution requiert de maîtriser plusieurs risques techniques », précise néanmoins Jacques Laîné – condensation dans les canalisations, intrusion de rongeurs, etc.

  • La bio-climatisation, ou rafraîchisseur d'air par évaporation : un appareil recueille l’air chaud de la pièce et le fait évaporer grâce au contact d’un tampon humidificateur, pour libérer un air plus frais. Version moderne de la serviette humide devant le ventilateur, ce processus consomme peu d’énergie, mais perd en efficacité si l’air de la pièce est humide.

  • Les systèmes de convection automatisés : la convection thermique est un phénomène naturel d’échange entre des masses d’air chaudes et froides, que les fenêtres de toit motorisées et connectées permettent d’accélérer et optimiser, s’ouvrant automatiquement pour créer des courants d’air frais dès que la nécessité s’en fait sentir. C’est un système relativement coûteux, qui impose que les fenêtres soient bien positionnées.

  • Les murs et toitures végétalisés : installer des plantes qui abaissent naturellement la température est une idée de plus en plus présente dans les projets architecturaux de bâtiments collectifs. C’est en revanche une solution coûteuse, du fait des coûts d’entretien importants – d’autant plus qu’il existe des risques de dégât des eaux.

Alors, quelle solution adopterez-vous cet été ?