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Conso Lecture : 4 min

Agri-tourisme : les vacances à la ferme séduisent toujours plus

Enfants nourrissant des poules par une belle journée d'été
Mieux que les vacances à la campagne : les vacances à la ferme ! Le phénomène a le vent en poupe, mais reste encore peu organisé. Difficile donc de savoir comment procéder. On vous explique tout.

Gîtes, chambres d’hôtes, les vacances à la ferme séduisent de plus en plus, mais il s’avère parfois difficile de faire le bon choix. Car si le « retour à la terre » a le vent en poupe, forcément, il attire les petits malins. Attention, donc, au « green washing » et aux fausses offres de tourisme rural. Il ne suffit pas d’avoir retapé un vieux corps de ferme pour s’ériger en pro de l’agritourisme.

Selon la Direction générale des entreprises, qui dépend du ministère de l’Economie, 30% des nuitées, en France, s’inscrivent dans le cadre du tourisme rural. Seulement, cette définition est très large, englobant, pour faire simple, tout ce qui est à la campagne, aussi bien des campings que des hôtels ou des chambres d’hôtes.

On est alors au calme, dépaysé, tout ce que vous voudrez mais le problème principal, pour quiconque voudrait se payer des vacances à la ferme, des vraies, est de savoir vers qui se tourner. Le Routard ou Le Petit Futé, les éditeurs stars de nos vacances, ne se sont pas encore vraiment emparés du phénomène : c’est tout juste si, sur leurs sites, on commence à trouver quelques conseils de bases ou quelques références. Mais pas encore de guides en tant que tels.

Pour des vacances à la ferme, des vraies

En attendant, plutôt que de taper dans son moteur de recherche favori quelques mots clés, pour réserver son séjour au petit bonheur la chance, sachez qu’il existe déjà des professionnels de l’agritourisme. Leurs noms ? Bienvenue à la ferme ou Accueil Paysan, par exemple. Les deux structures ont trente ans d’existence et représentent, chacune avec leurs spécificités, des valeurs sûres en la matière.

Surtout, leur offre est déjà très large avec, par exemple, des sites référencés en Espagne, en Italie, en Pologne, ou même jusqu’en Inde ou au Togo. Pour ce dernier pays, évoquons par exemple la ferme Kekeli, avec sa petite plage bordée de jeunes cocotiers, située à Kpalimé, à quelque 200 kilomètres de la capitale Lomé. Et à Croisy-sur-Andelle, dans le département de la Seine-Maritime, à la lisière de la forêt de Lyons, vous trouverez un centre équestre avec un élevage de poneys Shetland.

On le voit, la diversité prime. Raison de plus pour savoir où, et comment chercher. La première des structures que nous avons citées, Bienvenue à la ferme, est née en 1988, portée par le réseau des chambres d’agriculture. Elle agrège autour d’elle quelque 8 000 agriculteurs et propose aujourd’hui 1 800 hébergements partout en France. Ses valeurs sont celles des circuits courts, et vont donc au-delà du seul accueil à la ferme : cela passe aussi par le développement des marchés de producteurs, pour vendre directement aux consommateurs, sans intermédiaire.

La seconde, Accueil Paysan, avec son millier d’adhérents, entend justement accentuer ce prisme « paysan ». « C’est un terme auquel nous tenons énormément. Nous nous sommes construits, depuis trente ans, autour des valeurs de l’agriculture paysanne, pour promouvoir nos terroirs et pour permettre à de petites structures agricoles de survivre, dans le cadre d’un tourisme durable, équitable et solidaire », appuie Diane Gaillard, chargée de communication de la Fédération nationale Accueil Paysan.

Tout sauf l’esprit d’un banal hôtel

Dans les deux cas, on a là de quoi satisfaire sereinement son envie de vacances à la ferme : vous en voulez, vous en aurez ! La visite de l’exploitation est un prérequis et le partage de la table va de soi. Reste la question des activités : participerez-vous à la traite des vaches ou au travail agricole quotidien ? L’idée n’est pas là : les agriculteurs ne cherchent pas des commis et vous, vous êtes là pour profiter de vos vacances.

En revanche, l’esprit n’est pas celui d’un simple hôtel, surtout pas. « La raison d’être est au partage et à l’échange », avance Pierre-Jean Berthèye, l’un des quatre co-présidents d’Accueil Paysan et lui-même « accueillant » depuis le début des années 1990. « C’est comme si l’on recevait des amis chez nous », résume-t-il.

Chez lui, à Najac, petit village de 800 habitants dans l’Aveyron, cette activité d’agritourisme lui permettait, les belles années, d’améliorer ses revenus de l’ordre de 25% grâce aux trois gîtes proposés et à la vente directe des produits de la ferme. Un joli complément pour cet éleveur, qui a compté jusqu’à 80 chèvres dans son troupeau. « Mais l’argent n’a jamais été le moteur, plaide-t-il. Évidemment, cette diversification de revenus n’est pas négligeable, mais l’objectif premier est de vivre des émotions en commun. »

Cela demande d’ailleurs de savoir trouver un bon équilibre. « Avec deux traites par jour, la vente de nos produits et les soins à apporter aux animaux, se montrer disponible pour l’accueil n’est jamais simple, mais cela offre une ouverture d’esprit qui n’a pas de prix », explique-t-il. Pierre-Jean Barthèye se souvient ainsi de ces longues soirées d’été passées à discuter pendant des heures avec les vacanciers qu’il recevait chez lui. « Eux étaient en vacances, le temps n’était plus un problème. Moi, je devais me lever tôt le lendemain pour m’occuper des chèvres, mais ces souvenirs-là restent gravés à jamais et bon nombre des personnes qui sont venues chez moi sont devenues des ami(e)s », se réjouit-il.

Des logos pour rassurer

Et que les vacanciers n’aient aucune crainte quant aux conditions d’accueil. Chez Accueil Paysan, comme chez Bienvenue à la ferme, il existe des chartes très strictes à respecter de la part des agriculteurs. « Les adhésions sont annuelles et nous procédons à des contrôles réguliers, tous les cinq ou six ans, pour être certains que les gîtes que nous référençons sont aux normes », précise Diane Gaillard. Pierre-Jean Bertheye abonde : « À Najac, nous proposons une activité équestre et, évidemment, cela n’aurait pas été possible si nous n’avions pas obtenu les agréments nécessaires. » Accueil Paysan y veille, comme l’administration française qui envoie ses agents partout dans le territoire pour veiller aux respects des normes et règlements.

Dans les offres que vous recherchez, pour préparer votre séjour, veillez ainsi à repérer les logos des associations : une fleur jaune pour Bienvenue à la fermeun paysage rural avec une vache pour Accueil Paysan. Ils sont un gage de qualité et de réassurance. Pour le reste, qu’il s’agisse des prix, du confort de la ferme et/ou des activités proposées, il faudra bien lire les annonces, car chaque offre est unique. C’est le principe même de ce tourisme à la ferme : il doit s’adapter aux conditions locales.