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Actu Lecture : 2 min 18/06/2019

Objectif zéro émission nette : comment le biogaz va devenir incontournable

Objectif zéro émission nette : comment le biogaz va devenir incontournable

Une France neutre en carbone ? Pour 40 grandes entreprises françaises, c’est possible ! Pour y parvenir, le biogaz fait partie des recommandations.

C’est une ambition aussi limpide qu’audacieuse. D’ici 2050, le gouvernement veut rendre la France « neutre en carbone », c’est-à-dire capable d’absorber tous les gaz à effets de serre qu’elle émet. Avec en ligne de mire l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Utopique ? Non, répond l’étude ZEN 2050 menée par « Entreprises pour l’Environnement », un groupement d’une quarantaine de grandes sociétés françaises dont Engie, Primagaz, Total ou encore Renault.

Cette étude « Zéro Emission Nette » (ZEN) dresse une série de recommandations concrètes, portées par des chercheurs spécialistes du climat comme par des entreprises. D’un côté, augmenter les capacités de traitement du CO2, avec de nouvelles surfaces forestières ou la structuration de filières pour stocker ce gaz polluant. De l’autre, baisser de 80% les émissions de CO2 dans les 40 prochaines années, en adaptant notamment les modes de production et de consommation.

Le biogaz, alternative 100% naturel

Cette évolution des pratiques passe par un abandon progressif des énergies fossiles, grosses émettrices de gaz à effet de serre, pour développer massivement les énergies renouvelables. Parmi elles, le biogaz apparaît comme l’une des solutions. Le plus fréquent est produit à partir de la fermentation de matières organiques comme des boues d’épuration ou des déchets verts.

Des installations spécifiques sont nécessaires pour capter le méthane issu de ce processus naturel. Encore marginale, l’utilisation de cette énergie se développe cependant rapidement en France. Fin 2017, Carrefour s’est équipé de 200 semi-remorques roulant au biométhane, 95% moins polluant que le diesel, pour livrer ses magasins.

Avec le biopropane, Primagaz déploie depuis 2018 une autre forme de biogaz. D’origine 100% naturelle, il est obtenu uniquement à partir de déchets recyclés (huiles de cuisson, graisses animales,…) et d’huiles végétales (palme, colza,…), le tout issu de filières certifiées durables. Ensuite, ces huiles sont portées à haute température, sous haute pression d’hydrogène et en présence de catalyseur, pour devenir hydrotraitées (ou HVO pour Hydrotreated Vegetal Oil) et sources d’énergie.

À la maison ou en voiture

Comme chauffage ou comme carburant, le biopropane présente l’avantage de répondre à tous les usages. En matière de transport, Primagaz injecte déjà 8% de ce biogaz dans le GPL distribué en France par Avia (1 700 stations-services équipées). Il est 100% compatible avec les moteurs GPL existants. Idem pour une utilisation domestique : ce biopropane peut notamment être utilisé dans les systèmes de chauffage ou d’eau chaude déjà existants, sans avoir à les changer ou les adapter. Quand on sait que le BTP et le transport représentent 75% des consommations énergétiques en France, le potentiel de réduction d’émissions de gaz polluants est gigantesque.

Sur l’ensemble de son cycle de vie, le biopropane ne produit que 60g de CO2/kWh, selon l’ADEME, soit 80% moins que le fioul. Sur ce même critère, les voitures au biogaz rivalisent avec les voitures électriques. Si l’impact environnemental de ce type de véhicule est très faible pendant son exploitation, il est très élevé si l’on prend en compte les extractions de matières premières nécessaires à la fabrication des batteries, par exemple…

Concrétisation directe de l’adage de Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », le biogaz ouvre de grandes perspectives, en passe de s’imposer comme un pilier de la décarbonisation. Avec 2050 en ligne de mire.