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Actu Lecture : 2 min 06/12/2019

P. Quilès : « Notre plan pour tripler les énergies vertes »

Vue de Cordes-sur-Ciel, ville médiévale du Tarn (France) mairie de notre interviewé Paul Quilès
Paul Quilès, maire de l’un des plus beaux villages de France confie sa vision de la préservation du patrimoine local, et le rôle que les énergies vertes peuvent tenir dans les zones rurales.
Après avoir notamment interrogé Jean-Pierre Pernaut, journaliste à TF1, nous nous sommes entretenus avec Paul Quilès, ancien ministre et maire de Cordes-sur-Ciel (Tarn), élu plus beau village de France en 2014. Il nous confie sa vision de la préservation du patrimoine local, et le rôle que les énergies vertes peuvent tenir dans les villages.

En période de promotion des énergies vertes, comment un village rural peut, à son niveau, participer et changer certaines habitudes ?

Paul Quilès : C’est un enjeu très important. La région Occitanie s’est donnée pour objectif de devenir la première région à Énergie Positive d’ici 2050, ce qui implique de diviser par 2 la consommation d’énergie par habitant et de multiplier par 3 la production d’énergies vertes. Notre communauté de communes a ainsi mis en place un Plan Climat-Air-Energie Territorial, à même d’agir sur la réhabilitation énergétique des logements, le tri des déchets, le gaspillage dans les cantines, les transports…

Préserver le patrimoine local va de pair avec le développement durable ?

Paul Quilès : Au niveau départemental, l’association Trifyl met par exemple en avant le biogaz, qui représente une alternative. À Cordes, située dans une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP)  nous avons un cahier des charges extrêmement précis, avec des choses que l’on a le droit de faire, d’autres que l’on n’a pas le droit de faire. Pour les habitants, mettre un panneau solaire sur leur toit peut se révéler compliqué. Mais, avec l’accord de l’architecte des bâtiments de France, nous en avons fait poser sur l’école bioclimatique à l’extérieur de Cordes : un bâtiment HQE (haute qualité énergétique), avec chauffage par pompe à chaleur, distribution de chaleur par radiateur à basse consommation, ampoules à économie d’énergie, etc. C’est un bel exemple de ce que l’on peut faire tout en respectant les prescriptions environnementales.

Portrait de Paul Quilès, ancien ministre et maire de Cordes-sur-Ciel (Tarn), élu plus beau village de France en 2014.

Les habitants des villages et zones rurales sont très attachés à leur cadre de vie : qu’est-ce qui fait que cet attachement y est plus fort qu’ailleurs ?

Paul Quilès : Cela repose notamment sur le fait que la plupart des gens ont une histoire avec le territoire, ils connaissent bien les habitudes de vie, ils connaissent les voisins… Cela créé des conditions de vies bien différentes de ce que l’on retrouve en ville ! Les gens vivent plus dans de l’habitat individuel que collectif. À la campagne, on peut plus facilement aller dans le sens de ses convictions éthiques pour avoir accès à du bio, du local, avoir un jardin… Plein de choses qui ne sont pas toujours faisables en ville.

Aujourd’hui, la vie en zone rurale est compatible avec des modes de vies modernes ?

Paul Quilès : Bien sûr. Les habitants profitent de l'espace dont ils disposent qu’ils n’ont pas en ville, mais aussi de la capacité d’innover. Je sens ce dynamisme à la fois chez les jeunes, mais aussi chez les moins jeunes. L’utilisation du numérique, par exemple, qui était jusque-là considéré comme réservé aux citadins ouvre de nouvelles perspectives. Je connais des gens qui font du travail à domicile, depuis Cordes, tout en restant en liaison directe avec une entreprise à Paris !

Cordes sur Ciel est reconnu pour être l’un des « plus beaux villages de France » : comment la préservation du patrimoine local participe-t-il à la qualité de vie des habitants ruraux ?

Paul Quilès : Le patrimoine local joue un rôle très important dans l’image que les habitants ont de leur commune. Les gens sont fiers que l’on parle régulièrement de leur lieu de vie pour ce qu’il a à offrir. Je le vois dans le cadre de Cordes, une ancienne cité médiévale. Indirectement, via les subventions, les retombées du tourisme, ce statut contribue à l’amélioration de nos moyens financiers et de l’accessibilité de la commune.