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Biogaz : ce que les gaz "verts" apportent à la lutte contre le réchauffement climatique

Vue sur des vaches au pâturage et des citernes à l'arrière plan
Il existe plusieurs façons d’obtenir du « gaz vert » à partir des déchets organiques. Mais tous sont une alternative crédible et écologique aux énergies fossiles.
Du gaz naturel ou du biogaz, lequel est le plus vert ? Il s’agit bien du second. Contrairement à son aîné, il n’est pas le fruit de la fossilisation sur plusieurs millions d’années de matières végétales et animales, mais peut être produit en l’espace d’une génération humaine, soit environ vingt-cinq ans. Les biogaz constituent en ce sens une énergie renouvelable, dont la combustion présente un bilan carbone neutre et sans incidence sur le réchauffement climatique.

Des déchets organiques au gaz

La recette de cuisine des biogaz ? Des matières organiques - au premier rang desquelles des déchets agricoles, du lisier, de la paille, des résidus d’industries agro-alimentaires ou encore des ordures ménagères - sont privées d’air. Sous l’effet des bactéries, elles fermentent. Après trois semaines dans un digesteur sans oxygène, du biogaz peut être récupéré. Une fois purifié, il endosse son rôle de gaz « vert » en venant significativement réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Petit à petit, les biogaz trouvent ainsi pleinement leur place dans la grande famille des énergies vertes. Ils se hissent à la septième place des énergies renouvelables les plus produites en France, d’après le bilan énergétique pour la France de 2017, publié le 20 février.
Part de chaque filière dans la production primaire d'énergies renouvelables
Part de chaque filière dans la production primaire d'énergies renouvelables
Ils talonnent ainsi le bois-énergie, première énergie renouvelable produite dans le pays, devant l’hydraulique, les biocarburants et l’éolien. « La méthanisation, qui permet de produire des biogaz, est connue depuis longtemps mais ne commence à se développer que depuis une dizaine d’années – ce qui coïncide avec le Grenelle de l’environnement de 2007 », note ainsi Walter Delage, responsable du développement durable chez Primagaz.

Un or vert

« En réalité, deux catégories de biogaz se distinguent, poursuit-il. Le biométhane, équivalent biosourcé du méthane du réseau de gaz naturel, qui peut être distribué par les mêmes réseaux ; le biopropane, disponible seulement depuis avril 2018, pour tout ce qui est hors réseau et les campagnes. »

La BioTwiny est la toute première bouteille de biogaz commercialisée en France. Elle permet aux amateurs de barbecue, campeurs et randonneurs, de profiter des activités de plein air tout en faisant un geste pour l’environnement. Le pendant « bio » du propane se justifie en effet par ses moindres émissions en CO2 (-78%) et par le fait qu’il ne comporte aucune particule fine, nocive pour la santé. Ses performances énergétiques restent, elles, identiques à celle du propane standard, pour le chauffage, l’eau chaude ou la cuisson. Cette énergie peut donc être immédiatement incorporée dans les bouteilles sans différence pour les utilisateurs.Le biométhane se prête, lui, aux mêmes utilisations que le gaz naturel. Il trouve sa place aussi bien pour produire de la chaleur ou de l’électricité, que pour la cuisson. Il peut aussi prendre un rôle de carburant pour véhicules, sous sa forme bioGNV (gaz naturel pour véhicules). Le tout pour une autonomie équivalente à celle des véhicules à motorisation classique, essence ou diesel.

100% renouvelable

La lutte contre le changement climatique et les impératifs écologiques renforcent la légitimité des biogaz. Et la France a sa carte à jouer en la matière. « En tant que première puissance agricole d’Europe, le pays a un potentiel de développement considérable en matière de biogaz », estime Walter Delage. 40 sites sont déjà recensés pour injecter le biogaz dans le réseau de gaz naturel. L’Allemagne reste néanmoins loin devant, avec plus de 200 sites comptabilisés. 

Une loi emblématique est venue donner un coup de pouce à la filière. « La loi de transition énergétique implique que le biométhane représente 10% du gaz naturel disponible sur le marché d’ici 2030 » souligne Walter Delage, Un objectif « tout à fait atteignable » pour l'expert. Des discussions sont en cours afin de ramener cet objectif à 7%. Par ailleurs, ces mêmes gaz viennent pleinement s’intégrer au Plan Climat, lancé en juillet 2017 pour faire de la France le numéro un européen de l’économie verte.

A terme, ces gaz seront non seulement plus bénéfiques à l’environnement mais aussi plus compétitifs. « Nos investissements dans le biopropane s’expliquent par le fait que l’on souhaite être 100% renouvelable d’ici 2040 », souligne Walter Delage. L’investissement prend en compte les pressions mises sur les énergies fossiles et la perspective de la taxe carbone. Le prix de l’énergie fossile étant voué à augmenter, ou à être taxé plus fortement sur le carbone, on estime que le biopropane deviendra compétitif par rapport aux énergies fossiles d’ici 5 à 10 ans. »